Un faux pas sur le trottoir, une chute pendant le sport… presque tout le monde se tord la cheville un jour ou l’autre. Le plus souvent, il s’agit de la forme classique : la cheville gonfle et devient douloureuse, mais il est encore possible de marcher dessus. Avec un peu de repos et une bonne rééducation, on retrouve généralement sa mobilité après quelques semaines.
Cependant, il existe un autre type de lésion qui demande une approche différente : la « high ankle sprain » (entorse haute de la cheville).
Qu’est-ce qui différencie l’entorse de la cheville de l’entorse de la cheville haute ?
La caractéristique d’une entorse classique est que ce sont principalement les ligaments situés à l’extérieur de la cheville qui s’étirent. Dans le cas d’une entorse de la cheville haute, le problème se situe plus haut : les ligaments solides qui maintiennent le tibia et le péroné ensemble juste au-dessus de la cheville sont endommagés : il s’agit d’une lésion de la syndesmose. Ce type de blessure est moins fréquent que l’entorse classique, mais on le rencontre régulièrement chez les sportifs. Elle se produit généralement lors d’une rotation du pied vers l’extérieur – typiquement au football, au ski ou lors d’une collision violente.
« L’entorse de la cheville haute est moins connue et pas toujours facile à reconnaître ». explique le Dr Schenkels, spécialiste du pied et de la cheville chez Orthoca. « Même sur l’imagerie médicale, une lésion de la syndesmose est parfois difficile à voir, ce qui explique qu’elle passe parfois inaperçue. Néanmoins, il est important de la reconnaître rapidement, car un diagnostic tardif peut retarder considérablement la guérison.
Comment reconnaître la différence ?
La différence se situe principalement au niveau de la localisation et de l’intensité de la douleur. Dans le cas d’une entorse classique, la douleur se situe généralement autour de la partie externe (latérale) de la cheville. Dans le cas d’une entorse de la cheville haute, vous ressentez la douleur plus haut ou plus en avant de la cheville. De plus, la douleur est souvent plus forte que ce que l’on pourrait croire au vu de l’enflure. Même après plusieurs semaines, la marche reste difficile et le sport impossible.
Pourtant, il n’est pas facile pour les patients de faire la distinction entre les deux. Après une entorse, la douleur est normale, mais il n’est pas toujours évident de savoir si elle fait partie de la guérison ou si elle est le signe d’une blessure plus grave. C’est pourquoi le suivi est important.
Toute personne qui s’est fait une entorse de la cheville et qui est toujours gênée après sept à dix jours devrait donc consulter son médecin généraliste. En cas de doute, celui-ci peut l’orienter vers un kinésithérapeute, qui pourra, à l’aide de tests ciblés, vérifier s’il s’agit d’une entorse de la cheville haute et, le cas échéant, l’orienter vers un spécialiste. « Plus la blessure est reconnue tôt, plus la rééducation se fera en douceur », ajoute-t-il.
Traitement et rétablissement
Le traitement dépend de la gravité de l’entorse de la cheville. Dans les formes légères, une orthèse ferme ou une botte de marche permet à la cheville de guérir tranquillement. Les blessures plus graves nécessiteront une intervention chirurgicale pour stabiliser la cheville.
Ce n’est que dans un deuxième temps que la rééducation avec le menton se poursuivra pour développer progressivement la force, l’équilibre et la stabilité.
Gardez à l’esprit qu’une entorse de la cheville haute prend généralement plus de temps qu’une entorse normale, mais qu’avec la bonne approche, vous pouvez vous rétablir complètement.
Même en cas d’entorse classique, il est important de ne pas sous-estimer la blessure. Soyez toujours suivi par un kinésithérapeute : des exercices ciblés permettent de rétablir la stabilité et le contrôle musculaire. Les personnes qui ne le font pas courent un risque accru de nouvelle entorse dans les trois premiers mois et, à plus long terme, d’instabilité chronique de la cheville. La physiothérapie est donc vraiment la clé d’un rétablissement complet.
Quelques conseils supplémentaires du Dr Schenkels pour les patients ayant subi un traumatisme de la cheville
- Restez attentif aux signes : une douleur qui se situe plus haut sur la cheville et qui ne s’atténue pas peut indiquer plus qu’une entorse classique.
- Prenez-la au sérieux : même une simple entorse de la cheville nécessite de l’attention et un suivi. Faites contrôler votre cheville par votre médecin généraliste en temps utile, surtout si la douleur ne s’est pas nettement améliorée après sept à dix jours.
- N’hésitez pas à demander une consultation de kinésithérapie : une période de repos de 7 à 10 jours est indiquée. Par la suite, des exercices de rééducation ciblés sont indispensables pour retrouver force et stabilité et éviter de nouvelles blessures.
- Ne forcez pas la reprise du sport trop tôt: discutez-en d’abord avec le spécialiste ou le physiothérapeute. Reprendre trop tôt augmente le risque de symptômes permanents ou d’instabilité chronique.
- La glace est autorisée, mais elle doit être utilisée à bon escient: par exemple, après un exercice ou une physiothérapie, pour soulager la douleur et le gonflement. Associez toujours cette pratique à une rééducation active : la réfrigération ne remplace pas l’exercice.